LA NUIT DU RAGNAROK
Une épopée en trois tomes où les dieux saignent et les hommes se dressent
EXTRAIT
TOME 2
Dans la grande salle souterraine du royaume de Nidavellir, un lieu empreint de majesté et de mystère, Alberich, le souverain des profondeurs, siégeait avec une autorité indéniable. Son trône, un chef-d’œuvre de l’artisanat, avait été taillé dans la pierre la plus résistante, un bloc de granit noir veiné de filons d’argent qui capturaient la lumière des torches en un jeu de reflets mouvants. Les runes anciennes gravées sur les bras et le dossier de la chaise semblaient murmurer des secrets oubliés, leur éclat faible, mais persistant, rappelant les antiques alliances et les serments sacrés qui les liaient à leur terre et à leurs dieux.
Le regard d’Alberich, aussi acéré que les lames forgées par ses ancêtres, parcourait les schémas et les plans d’extraction déployés sur la table massive devant lui. Cette table, sculptée dans le granit, était un emblème de la permanence et de la force du royaume nain. Les cartes, parcheminées et marquées de symboles complexes, détaillaient les veines de minerai précieux, les tunnels en cours de creusement et les zones encore inexplorées des profondeurs. Chaque ligne, chaque empreinte était le fruit de siècles de savoir-faire et de persévérance, un héritage qu’Alberich portait avec une fierté solennelle.
Autour de lui, les maîtres-foreurs, les plus expérimentés et les plus admirés de leur caste, se tenaient dans un silence révérencieux. Leurs visages burinés par les années passées sous terre, leurs mains calleuses et leurs armures de cuir renforcé de métal témoignaient de leur dévouement à leur tâche. Ils attendaient, avec une appréhension mêlée de respect, les directives de leur souverain. Chacun d’eux savait que les interventions adoptées dans cette salle façonneraient l’avenir de leur peuple, déterminant quelles richesses seraient extraites, quels dangers seraient affrontés et quels nouveaux territoires seraient conquis dans les ténèbres éternelles.
L’atmosphère était lourde de responsabilités, mais aussi d’une tension palpable. Les torches accrochées aux murs de pierre brute projetaient des ombres dansantes qui semblaient presque vivantes, comme si les esprits des ancêtres veillaient sur cette assemblée. Le murmure lointain des chants nains, résonnant à travers les galeries, ajoutait une dimension presque sacrée à la scène, remémorant à tous que chaque décision prise ici était un chapitre de plus dans la longue et glorieuse histoire du royaume.
« Il faut extraire davantage d’Azkarite ! » tonna Alberich, sa voix puissante emplissant la vaste salle souterraine, comme le grondement d’un orage qui ébranle les montagnes.
Les échos de ses paroles se répercutèrent contre les parois de pierre, semblant vibrer dans l’air même, comme si la terre elle-même répondait à l’appel de son souverain. Les flammes des torches vacillèrent sous l’intensité de sa proclamation, projetant des ombres mouvantes sur les visages graves des maîtres-foreurs rassemblés.
« Nos réserves s’épuisent à vue d’œil, et cela ne peut plus durer ! » poursuivit-il, son poing serré frappant la table de granit avec une détermination qui fit trembler les cartes et les plans étalés devant lui.
« Les forges réclament du métal, nos artisans manquent de matière première, et nos alliés espèrent leurs livraisons avec une impatience grandissante. Il est hors de question que notre peuple faiblisse en ces temps troublés, où chaque once de force et de résilience compte ! ».
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